Entre Visible et Invisible : Les Porteuses de Coupe Luba

Entre Visible et Invisible - Les Porteuses de Coupe Luba

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Parmi les trésors de l’art africain, les porteuses de coupe des Luba se distinguent par leur élégance et leur mystère. Ces sculptures sont souvent assez sophistiquées, avec des coiffures finement travaillées et des scarifications délicates, symbolisant la dignité et la beauté idéalisée de la figure.





Elles représentent généralement une femme assise ou agenouillée, et plus rarement debout, tenant dans ses mains un récipient en forme de calebasse ou de coupe, le mboko, qui constitue l’outil rituel central, réceptacle du kaolin sacré  (le mpemba) 

Anciennement, on les appelait « Kabila » ou « la mendiante » (Maes 1938). Cette erreur viendrait d’une traduction approximative du terme.


Fonction

Les porteuses de coupe Luba sont consacrées principalement aux pratiques des médiums Luba, les Kilumbu.

Ceux-ci sont sollicités à des fins de divination, de guérison, de protection, pour déjouer des maléfices, retrouver des objets perdus ou des voleurs, voire pour espionner (P. Petit).

La porteuse de coupe étant une Nkishi censée contenir une puissance magique, le rituel est souvent hautement théâtral, pouvant aller jusqu’à la transe.

Mais les porteuses de coupe sont également détenues par des chefs, pour refléter leur dignité et leur prestige. 

Symbolisme féminin

Si la statue est féminine alors que les devins sont principalement des hommes, c’est que l’objet ne représente pas un Kilumbu et son mboko, mais une scène d’interaction entre le monde humain et le monde spirituel (P. Petit).
Cette interprétation mérite toutefois d’être nuancée. D’après des sources citées par Mary Nooter Roberts (2007, p. 46), les bilumbu (médiums) auraient autrefois été majoritairement des femmes, celles-ci étant réputées particulièrement aptes à la possession spirituelle.

Comme l’explique François Neyt au sujet des sièges à caryatides Luba (p104), la femme est l’intermédiaire entre les forces telluriques et le monde vivant, servant de lien avec les génies et les ancêtres.

Aujourd’hui, ces porteuses de coupe Luba sont également très prisées des collectionneurs d’art africain pour leur rareté, leur beauté et leur signification rituelle.

 Bibliographie 

  • - Le kaolin sacré et les porteuses de coupe Luba du Shaba, Pierre petit, dans Objets Signes d'Afrique, textes réunis par Luc De Heusch 112 -131
  • - Luba, François Neyt, Ed Dapper, 1993
  • -LUBA, Visions d'Afrique, Editions 5 Continents, Mary Nooter Roberts et Allen F. Roberts, 2006
  • - MEMORY, Luba Art and the Making of History, Mary Nooter Roberts, 1996
  • - Art et Pouvoir dans la savane d'Afrique Centrale, Constantin Petridis, Fonds Mercator, Cleveland Museum of Art, 2008
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 Collection personnelle, 1940-1950

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Between Visible and Invisible – The Luba Bowl Bearers

 Among the treasures of African art, the Luba bowl bearers stand out for their elegance and mystery. These sculptures are often highly sophisticated, with finely styled hair and delicate scarifications, symbolising the dignity and idealised beauty of the figure.

 They usually depict a woman seated or kneeling, and more rarely standing, holding a vessel shaped like a calabash or cup, the mboko, which is the central ritual tool and receptacle for sacred kaolin (the mpemba).

Historically, these figures were called “Kabila” or “the beggar” (Maes 1938), a misinterpretation arising from an approximate translation of the term.

 Function 

Luba bowl bearers are mainly used in the practices of Luba mediums, the Kilumbu. These mediums are consulted for divination, healing, protection, to counteract malevolent magic, to recover lost objects or thieves, or even for spying (P. Petit).

As a Nkishi — a figure of power — the bowl bearer is believed to hold magical potency. Rituals involving the statue are often highly theatrical and may include trance, although this is not always the case.

Bowl bearers are also possessed by chiefs, reflecting their dignity and prestige 

Feminine Symbolism 

If the statue is female while the mediums are mostly men, this indicates that the figure does not represent a Kilumbu with their mboko, but rather a symbolic interaction between the human and spiritual realms (P. Petit).
This interpretation should, however, be nuanced. According to sources cited by Mary Nooter Roberts (2007, p. 46), bilumbu (mediums) were once predominantly women, who were considered especially receptive to spirit possession.

As François Neyt explains regarding Luba caryatid stools (p.104), the female figure acts as an intermediary between telluric forces and the living world, serving as a link with spirits and ancestors. 

Collectible Value 

Today, Luba bowl bearers are highly sought after by collectors of African art for their rarity, beauty, and ritual significance


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